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Renouvelons la culture de Vie dans notre société…

Dans son encyclique Evangelium Vitae, dont nous fêtons le 25ème anniversaire cette année, le pape Jean-Paul II insistait sur l’urgence de « se livrer à une mobilisation générale des consciences et à un effort commun d’ordre éthique, pour mettre en œuvre une grande stratégie pour le service de la vie. » Il nous exhortait à « renouveler la culture de la vie à l’intérieur des communautés chrétiennes elles-mêmes.» (EV 95) et insistait sur “l’urgence d’une grande prière pour la vie qui traverse le monde” (EV 100)

         Renouveler la culture de Vie ne pourra cependant pas se faire sans un solide enracinement dans la prière. Comme le rappelle le Christ lui-même dans la parabole de la Vigne, « en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. » (Jn, 15, 5).

                C’est pourquoi notre groupe de bénévoles catholiques vous propose de reprendre l’initiative lancée par le pape Benoît XVI en 2010 et d’organiser une veillée de prière pour la Vie à la veille de l’Avent. L’objectif est de redonner une véritable place à la culture de Vie au sein de chaque diocèse, en lien avec l’évêque. Nous répondrons ainsi à l’appel de l’Eglise, aux rêves de St Jean-Paul II, à l’initiative de Benoît XVI…

Nous avons eu la joie de voir fleurir 300 veillée en 2018; combien en aurons-nous en 2019, pour la dixième édition ?

         Deux bénédictions apostoliques du Pape François nous encourage à persévérer dans cette mission au service de l’Evangile de la Vie :« En ce temps de l’Avent où l’Église veille et prie dans l’attente aimante de la venue du Seigneur et tourne ses regards avec espérance vers la crèche de Bethléem, le Saint Père vous encourage à persévérer dans la prière. »

Alors n’en restez pas là ! Devenez des apôtres de l’évangiles de la Vie !

1 Montez une veillée de prière dans votre paroisse avec votre curé

Pour cela, vous trouverez toutes les informations pratiques sur notre site, plus particulièrement dans le kit des organisateur 2019. Ce site met à votre disposition plusieurs trames de veillées, des documents de formation, des archives, des affiches ainsi que la carte des lieux de veillées et une liste des centres d’accueil et d’écoute pour femmes en détresse. Pour toute question, vous pouvez contacter les organisateurs via l’adresse contact@veilleespourlavie.org

2 Formez-vous

Une neuvaine de formation « 9 jours pour 9 mois » vous est proposée à la veille de l’Avent. C’est un cocktail de formation Spi & Bioéthique qui sera diffusé quotidiennement pendant les 9 jours qui précéderont la veillée de prière.

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Belle fête de l’Assomption

Il est midi. Je vois l’église ouverte. Il faut entrer.
Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.
Je n’ai rien à offrir et rien à demander.
Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.
Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela
Que je suis votre fils et que vous êtes là.
Rien que pour un moment pendant que tout s’arrête.

Midi !
Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.
Ne rien dire, mais seulement chanter
Parce qu’on a le cœur trop plein,
Comme le merle qui suit son idée
En ces espèces de couplets soudains.

Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,
La femme dans la Grâce enfin restituée,
La créature dans son honneur premier
Et dans son épanouissement final,
Telle qu’elle est sortie de Dieu au matin
De sa splendeur originale.
Intacte ineffablement parce que vous êtes
La Mère de Jésus-Christ,
Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance
Et le seul fruit.
Parce que vous êtes la femme,
L’Eden de l’ancienne tendresse oubliée,
Dont le regard trouve le cœur tout à coup et fait jaillir
Les larmes accumulées,

Parce qu’il est midi,
Parce que nous sommes en ce jour d’aujourd’hui,
Parce que vous êtes là pour toujours,
Simplement parce que vous êtes Marie,
Simplement parce que vous existez,
Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !


Paul Claudel

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Si c’est un homme !

Chère Famille,

Cette lettre pour vous dire un grand merci ! Voilà presque 4 ans que je lutte contre les caprices de dame nature, qui m’a gratifié il y a quelques années d’un terrible cancer… Quatre années de lutte contre une maladie qui ne fait pas de cadeau…  J’en ai bavé, au sens propre comme au sens figuré de ces quatre ans de combat pour la vie où se sont mêlées opération de chirurgie, radiothérapies, chimiothérapies… C’est comme un long marathon à courir aussi vite qu’un sprint, sans repis…

Epuisant mais pas impossible si l’épreuve est relevé avec humanité !  Et vous l’avez bien démontré par votre attention, votre délicatesse, votre soutien… Merci !

Ces remerciements sont aussi un appel à votre vigilance… Grande est la faiblesse d’un homme et long est son chemin de rémission face au cancer… Vigilance car je pourrais rechuter, vigilance car d’autres pourraient me faire chuter…

A ce sujet, permetez moi de faire un retour en arrière : il fut un temps où le courant de pensée eugéniste était bien vue en Europe : En Angleterre, en France, en Allemagne, il était de bon ton de vouloir améliorer l’humanité, de la purifier pour la rendre meilleure… Nous savons où cela nous a mené et nous nous donnons bonne conscience en nous disant que l’Allemagne nazie a été vaincu : tout ceci est du passé !

Je n’en suis pas si sûr. En effet, je constate avec effarement la résurgence de cette pensée eugéniste en Europe ; celle qui dans les années 30, aspirait à purifier la société de tous ces faibles ou dégénérés atteint par diverses pathologies… A ce sujet, je pense plus particulièremenrt à Vincent Lambert.  A l’heure où j’ai commencé ces lignes, il était en sursis. Aujourd’hui, il se retrouve de nouveau victime d’un véritable acharnement euthanasique : endormie jusqu’à ce que la mort de faim et de soif ne l’emporte… C’est juste horrible mais c’est bien réel. Il y a une pression démesurée des medias, du gouvernement et des instances judiciaires pour… Tuer !

Cet homme, qui est devenu lourdement handicapée des suites d’un accident, n’est pas en fin de vie. Néanmoins, certains ont décidé que sont alimentation et son hydratation étaient trop lourd pour la société et que son état pauci-relationnel  ne lui permettait pas de vivre heureux… Terrible manipulation par ses médecins et les médias du cas de ce pauvre homme : « Il le font passer sa fragilité pour de l’indignité, comme s’il s’agissait d’un déchet, impropre au recyclage… Ainsi, la solidarité avec la souffrance d’un grand malade ne pourrait alors se traduire que par une mort miséricordieuse… » Ce raisonnement sous jacent est mortel mais bien réel… Ce n’est même plus un être humain, c’est une procédure administrative et judiciaire qui traîne !

Et moi de penser : « Si, c’est un homme… »

Oui, c’est un homme, c’est mon frère d’arme ! Il n’a pas choisi son handicap tout comme je n’ai pas choisi cette maladie et le combat qui a suivi… Pouvons-nous l’abandonner en court de route ? Pouvons-nous baisser les bras face aux lobbies de l’euthanasie, ceux-la même qui, en Suisse, en Belgique, font du business sur la mort misericodieuse ?

Devrons-nous toujours être des parfaits, capable à toute heure de produire, de donner des garanties à notre société que nous pouvons consommer, au risque, si dame nature nous joue des tours, de devoir quitter le meilleurs des mondes ?  Terrible impression donnée par notre société de consommation où le matérialisme règne : notre humanité est devenu un bien de consommation dont les limites naturelle ne nous appartiennent plus…

La faiblesse inhérente à notre nature humaine, n’est plus un défi collectif à relever pour plus d’humanité mais le couperet qui nous en exclu !

Chère famille, notre société va s’autodétruire si elle perd cette humanité…

Ainsi, je sollicite votre vigilance pour que pareille situation ne se renouvelle pas pour moi… Je suis bien évidemment contre l’acharnement thérapeutique mais dans le cas de mon frère d’arme Vincent, il avait juste besoin d’eau, de nourriture et ses médecins et juges ont décidé de lui en priver, jusqu’à ce que mort s’en suive…

Et n’allez pas croire que ce sont là mes directives anticipées : j’exercre ce terme ! Comme si nous devions forcément tout planifier les aléas de la vie dans une série de directives; cheval de Troie euthanasique… Non, la vie c’est un défi a relever au jour le jour dans les limites de mon humanité !

Veillez surtout à me permettre de recevoir le sacrement des malades si cette aventure de la maladie devait me laisser seul face à la mort comme Vincent Lambert…

Prions pour lui, par l’intercession de St Maximilien-Marie Kolbe, lui aussi affamé et assoiffé, prions pour ses médecins, ses juges, sa famille et ne cessons pas notre engagement pour les plus faibles : le Christ nous y appelle !

Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire…

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Communiqué de Mgr Michel Aupetit à propos de la situation de M. Vincent Lambert

Paris, le 20 mai 2019.

Sommes-nous devenus de simples déchets ?

Si aujourd’hui je me permets de prendre la parole au sujet de ce qui est en train de se passer pour M. Vincent Lambert, c’est que son cas si particulier est emblématique de la société dans laquelle nous voulons vivre.

Tout d’abord, mon cœur de prêtre me porte à prier pour lui, soumis à tant de pressions, et dont la vie ne peut dépendre que de décisions qui lui échappent. Il y a quelques années, il a déjà subi un arrêt de l’alimentation et de l’hydratation auquel il a survécu de manière étonnante. Cet homme de 42 ans, traumatisé crânien lors d’un accident de la route est actuellement lourdement handicapé, tétraplégique et dépendant dans un lit au CHU de Reims. Son cas est tout proche de celui de Michaël Schumacher, traumatisé crânien avec de lourdes lésions cérébrales et, lui aussi, en état pauci relationnel. Malgré la célébrité de ce champion de Formule 1, les médias ne se sont pas emparés de son cas médical et il peut jouir de soins spécialisés très attentifs en milieu privé. Dans le cas précis de M. Vincent Lambert, on constate qu’il a les yeux ouverts, qu’il respire normalement, qu’il est dans un état stable, pas du tout en fin de vie. Il a besoin d’une aide-soignante et d’une infirmière qui assurent le nursing et le changement de position, d’un kinésithérapeute pour éviter les escarres. La nutrition et l’hydratation se font par gastrostomie ou par sonde nasogastrique.

La décision d’interrompre les soins de confort et de nutrition de base chez un patient handicapé s’oppose à la loi Léonetti. Il n’est pas mentionné qu’il présente de souffrance insupportable qui nécessite une sédation profonde sauf évidemment dans le cas où l’arrêt de l’hydratation par les médecins entraînerait la douleur cruelle de mourir de soif. Il ne s’agit pas d’une « obstination thérapeutique » puisque ce ne sont pas des soins curatifs d’une maladie incurable, mais simplement les soins corporels et nutritionnels de base que l’on doit aussi aux personnes âgées dépendantes, hémiplégiques, et aux bébés qui ne sont pas encore autonomes.

On cite à l’envi les pays moins-disant éthiques comme la Belgique ou les Pays-Bas. Force est de constater que dans ces pays il y a une anesthésie totale de la conscience. On entend des enfants parler de manière naturelle de l’euthanasie de leurs parents comme s’il s’agissait d’une éventualité normale. Un membre du gouvernement belge, assise en face de moi lors d’une rencontre chez M. le Président de la République, était très fière que son pays soit « en avance », comme elle disait. Pourquoi ne cite-t-on jamais les pays qui ont une plus haute conscience éthique, comme l’Allemagne ou l’Italie ? Il y a aujourd’hui un choix de civilisation très clair : soit nous considérons les êtres humains comme des robots fonctionnels qui peuvent être éliminés ou envoyés à la casse lorsqu’ils ne servent plus à rien, soit nous considérons que le propre de l’humanité se fonde, non sur l’utilité d’une vie, mais sur la qualité des relations entre les personnes qui révèlent l’amour. N’est-ce pas ainsi que cela se passe lorsqu’une maman se penche de manière élective vers celui de ses enfants qui souffre ou qui est plus fragile ? C’est le choix devant lequel nous nous trouvons. Le Christ nous a révélé la seule manière de grandir en humanité : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé ». Et il nous a donné la seule manière d’exprimer cet amour : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

Une fois de plus nous sommes confrontés à un choix décisif : la civilisation du déchet ou la civilisation de l’amour.

+Michel Aupetit
Archevêque de Paris

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Mobilisons-nous pour Vincent Lambert

Suite à l’appel de Mgr Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président du conseil épiscopal des évêques de France, le mouvement des Veillées pour la Vie propose de se mobiliser en organisant des Veillées pour la Vie spécialement pour M. Vincent Lambert ainsi que pour toute personne qui, de part son état de santé, risque aujourd’hui de se voir euthanasier…

En effet, M. Vincent Lambert n’est pas en situation d’acharnement thérapeutique :

  1. Il n’est pas en fin de vie comme ont pu le constater de nombreux médecins
  2. Il dors, se réveille, mange et boit avec les difficultés propre à toute personne handicapée comme lui
  3. Il est dans un état pauci-relationnel comme presque 2000 personnes handicapées en France…
  4. Des établissement ont proposé d’accueillir Vincent Lambert mais le CHU de Reims a refusé.
  5. Le Comité international des Droits des Personnes Handicapées de l’ONU a demandé à la France de respecter ses engagements de protections des personnes handicapées, plus particulièrement dans le cas de M. Vincent Lambert, en ne lui coupant pas son alimentation et son hydratation.

Au regard de ces éléments, nous pouvons affirmer, que M. Vincent Lambert n’est pas en situation d’acharnement thérapeutique. Il serait plutôt victime d’un acharnement euthanasique car rien n’empêche le CHU de Reims de transférer M. Vincent Lambert dans un établissement qui veuille bien lui donner les soins nécessaires à son handicape

Que pouvons-nous faire ?

1) M. Lambert propose de se rendre ce dimanche 19 mai à 15h00 devant le CHU de Reims

2) Mgr Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la conférence des évêques de France, appelle à prier pour M. Vincent Lambert, sa famille, ses médecins…

3) Organisons de nombreuses veillées pour la Vie pour témoigner de notre refus du “Tout Euthanasie” et de notre aspiration à une société dont la grandeur se mesure au respect qu’elle apporte pour les plus fragiles de ses membres…

Pour organiser votre veillée :

Vous trouverez une catégorie spéciale pour Vincent Lambert sur le formulaire de déclaration des veillées. Mobilisons-nous pour garantir aux personnes handicapées une vie digne !

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Belle fête de Pâques !

Évangile selon saint Jean (Gv 20, 1-18)

Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala vient de bonne heure au tombeau, comme il faisait encore sombre, et elle aperçoit la pierre enlevée du tombeau. Elle court alors et vient trouver Simon-Pierre, ainsi que l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : “On a enlevé le Seigneur du tombeau et nous ne savons pas où on l’a mis.” Pierre sortit donc, ainsi que l’autre disciple, et ils se rendirent au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble. L’autre disciple, plus rapide que Pierre, le devança à la course et arriva le premier au tombeau. Se penchant, il aperçoit les linges, gisant à terre; pourtant il n’entra pas. Alors arrive aussi Simon-Pierre, qui le suivait; il entra dans le tombeau; et il voit les linges, gisant à terre, ainsi que le suaire qui avait recouvert sa tête ; non pas avec les linges, mais roulé à part dans un endroit. Alors entra aussi l’autre disciple, arrivé le premier au tombeau. Il vit et il crut. En effet, ils ne savaient pas encore que, d’après l’Ecriture, il devait ressusciter d’entre les morts. Les disciples s’en retournèrent alors chez eux. Marie se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Or, tout en pleurant, elle se pencha vers l’intérieur du tombeau et elle voit deux anges, en vêtements blancs, assis là où avait reposé le corps de Jésus, l’un à la tête et l’autre aux pieds. Ceux-ci lui disent : “Femme, pourquoi pleures-tu ? ” Elle leur dit : “Parce qu’on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a mis.” Ayant dit cela, elle se retourna, et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit : “Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? ” Le prenant pour le jardinier, elle lui dit : “Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et je l’enlèverai.” Jésus lui dit : “Marie ! ” Se retournant, elle lui dit en hébreu : “Rabbouni” – ce qui veut dire : “Maître.” Jésus lui dit : “Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Mais va trouver mes frères et dis-leur : je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.” Marie de Magdala vient annoncer aux disciples qu’elle a vu le Seigneur et qu’il lui a dit cela. (Gv 20, 1-18)

Dans le récit de la Résurrection de Jean, il y a une rencontre confuse entre Jésus et Marie-Madeleine. Au début, elle ne le reconnaît pas, le prenant pour le jardinier. Quand elle réalise enfin qui il est, elle est ravie. Cependant, Jésus lui répond en lui disant de ne pas le toucher. Voilà comment cela est présenté dans Jean 20, 11-17…

Dans ce passage, Jésus dit-il qu’il y aurait une raison pour laquelle son corps ressuscité ne pourrait pas être touché avant l’Ascension? Cela ne fait pas vraiment de sens. Après tout, Jean poursuit en nous racontant la rencontre de Jésus avec l’Apôtre Thomas, qui doute. Il lui dit (Jean 20, 27), « Mets ici ton doigt, et regarde mes mains; approche aussi ta main, et mets-la dans mon côté; et ne sois plus incrédule, mais croyant. » Pourtant, la rencontre avec Thomas a lieu une semaine après Pâques, bien avant l’Ascension (Jean 20, 26; Actes 1, 3-11). En plus, il ne semble pas plausible que cela soit une contradiction, comme si Jésus (ou Jean l’évangéliste) aurait immédiatement changé de position au sujet de savoir, si oui ou non, il est correct de toucher le corps du Christ.

Une autre théorie, avancée par les athées comme Marshall Brain, est que les apparitions à Marie-Madeleine et à Thomas sont des « preuves » que Jésus est sexiste, « comme si le touché d’une femme serait en quelque sorte malpropre », quand seulement « quelques versets plus loin, Jésus est heureux lorsque Thomas le touche ». Bien sûr, cela n’a pas de sens non plus. L’apparition à Marie est la plus intime des apparitions de la Résurrection qui nous sont racontées. Jésus apparaît à Marie-Madeleine individuellement et il attend doucement qu’elle réalise qui il est. Il l’envoie ensuite annoncer la Résurrection aux Apôtres (Jean 20, 17-18), ce qui explique son surnom Apostolorum Apostola, « Apôtre des Apôtres ».

Et que penser de l’idée que Jésus gronde Marie-Madeleine, comme si elle doutait? C’est peut-être le cas, mais rien dans le texte ne semble suggérer qu’elle est punie de quelque façon.

Nous nous retrouvons donc avec un casse-tête: Jésus, qui a un vrai corps après la résurrection, un corps susceptible d’être touché, prévient Marie-Madelaine de se tenir à l’écart. Saint Thomas d’Aquin (celui qui a amené Apostolorum Apostola comme titre pour Marie-Madeleine) présente la solution la plus claire à cette difficulté dans la partie III, Question 55 de sa Summa Theologiae:

Ou bien encore, écrit S. Jean Chrysostome, ” cette femme voulait continuer à vivre avec le Christ comme avant la passion. Dans sa joie, elle ne concevait rien de grand, bien que la chair du Christ, en ressuscitant, fût devenue d’une condition beaucoup plus haut “. Et c’est pourquoi le Christ lui dit : ” je ne suis pas encore monté vers mon Père “. Comme s’il disait : ” Ne pense pas que je mène encore une vie terrestre. Si tu me vois sur terre, c’est que je ne suis pas encore monté vers mon Père, mais le moment est proche où je vais monter. ” Aussi ajoute-t-il : ” je monte vers mon Père et votre Père. “

En d’autres mots, Marie ne doutait pas de la résurrection de Jésus. Elle ne comprend tout simplement pas la gravité de celle-ci. Elle était tellement ravie de voir à nouveau son ami qu’elle n’a pas pris conscience de la réalité radicale du fait qu’il est ressuscité d’entre les morts, qu’il a un corps glorifié, qu’il ne mourra jamais à nouveau, qu’il vient de démontrer sa divinité en termes clairs ou qu’il prépare ses disciples à son Ascension au Ciel.

Pour l’aider à en venir à ces vérités plus profondes, Jésus la prive de la facilité de s’accrocher à Lui. Il le fait pour l’appeler à quelque chose de plus grand: la mission évangélique d’être un témoin, même à Ses Apôtres. En d’autres termes, il lui refuse la possibilité de s’accrocher à son corps pour la même raison qu’il demande à Thomas de toucher ses plaies et son côté: pour les conduire plus profondément dans la foi. Comme il l’a dit à Thomas: « ne soyez pas incrédule, mais croyant » (Jean 20, 27).

Parfois, notre croissance dans la foi nous oblige à avoir quelque chose de tangible à nous accrocher; d’autres fois, nous avons besoin de lui pour nous débarrasser de nos roues d’entraînement. « parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru » (Jean 20, 29). Ce n’est pas une contradiction et ce n’est pas sexiste. Il est le divin médecin prescrivant la médecine spirituelle dont chaque patient a le plus besoin.

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